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Journée internationale de la Femme. La CENI a participé à la Tribune d’Expression Populaire organisée par le Bureau de Liaison du Parlement



Cette activité, financièrement soutenue par USAID, UKAID et MISEREOR, avait pour objectif de susciter une réflexion critique sur les droits des femmes, leurs sous-représentativité aux postes politiques et le rôle qu’elles peuvent elles-mêmes jouer en vue d’améliorer leur condition dans l’espace politique en RD Congo.

C’était au Centre Interdiocésain à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la Femme. Le Bureau de Liaison avec le Parlement, BLP en sigle, est une structure de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). L'activité a été organisée en partenariat avec Counterpart International et National Democratic Institute (NDI) sur le thème: « Respecter les droits de la femme congolaise pour la construction d’une démocratie inclusive ». National Democratic Institute (NDI) travaille avec les femmes politiques congolaises et Counterpart avec les organisations de la société civile congolaises. Les deux catégories de femmes, les politiques et celles œuvrant dans les organisations de la société civiles, étaient représentées à cette Tribune d’expression populaire.

L’Abbé Jean-Pierre MUHINGISA, Directeur du BLP a pour cela enraciné son initiative dans ces mots d’Emmeline Pankhurst : « Nous devons libérer la moitié de la race humaine, les femmes, afin qu’elles puissent nous aider à libérer l’autre moitié. » La convocation de Pankhurst, militante du droit de vote des femmes, partait du constat amer d’un grand écart entre la reconnaissance légale de droits fondamentaux aux femmes et le respect de la parité entre homme et femme dans les assemblées élues de la RD Congo.

Pour démêler ce grand écart, le BLP a recouru aux femmes d’expérience. Madame Marie Désanges KETA, membre de l’Assemblée Plénière de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), a, au nom du Président Corneille NANGAA YOBELUO, fait l’état des lieux de l’enrôlement et de la participation des femmes dans l’opération de révision du fichier électoral en cours dans les provinces des Aires opérationnelles 1 et 2. Elle a rappelé les mesures incitatives que la CENI a prises pour encourager l’enrôlement des femmes, faisant référence à la Note circulaire N° 005/SEN/2017 qui décrète le dimanche comme une journée dédiée en priorité à l’enrôlement des femmes.

Maître Fifi Solange BAMOWONGO a retracé le cadre légal de la participation politique de la femme en RD Congo ; Madame le Ministre honoraire Geneviève INAGOSI a échangé sur les stratégies pour l’émergence politique de la femme en RD Congo. Celle qui avait eu en charge le ministère du Genre, Famille et Enfant a, à la fin de son exposé, suggéré les recommandations suivantes : Encourager l’instruction et l’éducation des filles dès les bas âges et dans toutes les filières ; Impliquer les garçons et les hommes dans la lutte contre les inégalités de sexe ; Renforcer la solidarité entre les femmes en surmontant la peur.

L’Honorable Eve BAZAIBA MASUDI a partagé les joies et les peines de la femme en politique et entretenu les participantes sur la pratique des droits de la femme en RD Congo. Appuyant Maitre Fifi Bamowongo, elle a mis à nu l’écart entre l’évolution de l’arsenal juridique et le très peu d’effort consenti pour permettre aux femmes de briser le plafond de verre. Elle épingle la Cour constitutionnelle composée de 9 magistrats tous hommes. Cette institution censée statuer sur la constitutionalité des lois, violerait elle-même de par sa composition les dispositions de la Constitution, a-t-elle indiqué.

A l’ère de la parité, des hommes ont également été sollicités. Ainsi Monsieur Ferdinand KAPANGA a présenté une étude contrastive des systèmes électoraux dans le monde pour permettre à l’assistance de se faire sa propre idée sur le système électoral qui favorise le mieux la représentation politique de la femme. La modération de la Tribune d’expression populaire a été assurée par Madame la journaliste Rachelle KITSITA de Numerica Télévision.
Edifiés par les différentes interventions, les participants ont, pendant les échanges, reconnu la nécessité de procéder à une réforme courageuses de certains textes de loi pour que les femmes jouissent effectivement de leurs droits. Ils estiment que le législateur et les pouvoirs publics doivent prendre des dispositions pour la promotion de l’égalité et la parité homme-femme.

L’Abbé Donatien NSHOLE, Secrétaire général de la CENCO a prononcé le discours de clôture en qualifiant de louable cette initiative qui témoigne de l’intérêt que les Congolaises et Congolais portent à la construction de la démocratie inclusive dans notre pays.